Admirer les lagons de Polynésie Française est déjà une chance. Les découvrir depuis le ciel en est une autre.
Entre les nuances de bleu du Pacifique, les barrières de corail et les reliefs montagneux, le survol des îles offre un point de vue totalement différent sur la Polynésie. Et parmi toutes, Moorea est sans doute l’une des plus spectaculaires.
Vol inter-îles ou vol privé ?
Pour se rendre d’une île à l’autre en Polynésie Française, l’avion est souvent privilégié. Les vols inter-îles sont rapides, confortables et offrent déjà des paysages incroyables : barrières de corail, îles volcaniques ou encore atolls perdus au milieu du Pacifique. Mais, depuis le petit hublot des avions commerciaux, le spectacle reste parfois frustrant. Alors, pour vraiment profiter des paysages polynésiens vus du ciel, certaines îles peuvent être survolées en petit avion ou en hélicoptère. Une expérience à part entière.
Pour nous, ce sera le survol de Moorea, au départ de Tahiti, à bord d’un Cessna 172, un petit avion de tourisme de quatre places. Le pilote étant un ami de famille, ce vol se déroule dans un cadre privé, loin des excursions touristiques classiques. À bord, nous serons seulement trois : le pilote, mon mari et moi. Et puisque le Cessna vole “à vue”, nous héritons aussi d’un rôle de copilote improvisé : surveiller le ciel à la recherche d’autres appareils. Une responsabilité légèrement stressante… surtout lorsqu’on n’a jamais mis les pieds dans un si petit avion. Une fois installés, l’espace exigu de la cabine et le bruit déjà impressionnant du moteur rendent l’expérience immédiatement plus concrète. On est très loin d’un vol commercial classique.

Embarquement immédiat à l’aéroport de Fa’a’ā
Tout d’abord, rendez-vous à Fa’a’ā, l’aéroport international de Papeete, à Tahiti où nous retrouvons notre pilote. C’est d’ici que les vols commerciaux et privés décollent. Après l’inspection de l’appareil par le pilote vient le briefing de sécurité, étape obligatoire avant le décollage. Puis, nous enfilons nos casques afin d’atténuer le bruit de l’appareil et de pouvoir communiquer entre nous, ainsi qu’avec la tour de contrôle. Enfin, l’autorisation de décoller nous est donnée : ready for takeoff !
Sensations fortes au-dessus du Pacifique
Nous laissons Tahiti derrière nous en direction de Moorea. Dès les premières minutes de vol, l’expérience est bien plus intense que ce que nous avions imaginé. Pourtant, il n’est pas encore question de vues époustouflantes. Le Cessna est un appareil minuscule et les sensations sont décuplées : le moindre coup de vent se fait ressentir. Nous n’échappons d’ailleurs pas à une grosse rafale qui fait tanguer l’avion, et nos mains se crispent instinctivement sur les accoudoirs. Ici, impossible d’oublier que l’on vole.

Après une dizaine de minutes, nous franchissons la barrière de corail de Moorea. Le plan initial était de survoler le cœur de l’île en passant entre les montagnes, proche du Mont Rotui. Mais aujourd’hui, le vent est trop fort, nous ferons donc le tour de l’île par le lagon. Tant mieux, j’ai une préférence pour les eaux turquoises !
Moorea vue du ciel : un spectacle unique
Très rapidement, le paysage devient spectaculaire. Notre vol a beau se dérouler en fin de journée (17h) lorsque le soleil est assez bas à l’horizon, les couleurs de la Polynésie n’en sont pas moins belles. Sous nos ailes, le lagon se décline en une multitude de nuances de bleu, contrastant avec les montagnes verdoyantes et un ciel lumineux. Nous observons les passes dans la barrière de corail, comptons les petits bateaux, admirons les pilotis et cherchons l’hôtel où nous avons séjourné quelques jours plus tôt. Contrairement à un vol commercial, rien ne paraît lointain ici : les montagnes semblent presque à portée de main, et on distingue les détails du lagon. Enfin, nous arrivons au-dessus de la baie de Cook, où une baleine et son baleineau ont été aperçus ces derniers jours. L’avion volant à basse altitude, nous scrutons la surface de l’eau à leur recherche. Mon mari croit distinguer une silhouette, de mon côté, et malgré tous mes efforts, je ne verrai rien.
Le retour se déroule dans le calme. Le vent est tombé et nous profitons des dernières minutes de cette expérience hors du temps. A l’approche de Tahiti, nous survolons la barrière de corail, un voilier échoué sur une patate de corail et quelques Tahitiens glissant sur l’eau à bord de leur Va’a, la pirogue traditionnelle polynésienne.
Touchdown.

Bilan : le survol de Moorea, notre plus beau souvenir de voyage
Une fois atterris, nous sommes à la fois soulagés d’avoir retrouvé la terre ferme et un peu déçus de voir cette expérience déjà se terminer. Nous quittons l’aéroport des étoiles dans les yeux et la tête encore dans les nuages.
Ce n’est qu’en regardant les photos et vidéos le soir même que nous réalisons vraiment ce que nous venons de vivre. Ce survol de Moorea restera sans aucun doute l’un des plus beaux souvenirs de notre voyage en Polynésie, voire de notre vie.













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